Ardouane et la Religion

Saint Benoît

Benoit naît en 490 en Nursie en Italie et ses parents aisés le destinent à une carrière administrative. Sa ferveur l'incite à vivre en ermite dans une grotte pendant 3 ans pour se consacrer à la prière et la méditation religieuse.

Il s'établit en 534 au mont Cassin en Italie et y fonde un monastère dans lequel il rédigera sa célèbre "règle monastique de Saint Benoit" jusqu'à sa mort en 547. Cette règle décrit la vie spirituelle et matérielle des moines ainsi que l'organisation du monastère en faisant preuve d'une grande compréhension de la psychologie humaine.

Le monastère du mont Cassin sera détruit par les lombards à la fin du VIe siècle, la dépouille de Saint Benoit sera retrouvée dans les ruines au VIIe sicècle avant d'être transférée à l'abbaye de Sain-Benoît-sur-Loire (anciennement Fleury-sur-Loire dans le Loiret 45).

Le nom de "Benoit" donnera naissance à l'ordre des "bénédictins".

Les règles de Saint Benoît qui comporte 73 chapitres (les chapitres 8 à 19 informent sur la musique liturgique) qui a pour objectif de parvenir à la Sainteté en laissant la "grâce de Dieu agir progressivement en soi".

Extraits des règles de saint Benoît :

" L'oisiveté est ennemie de l'âme. Les Frères doivent donc à certains moments s'occuper au travail des mains, et à d'autres heures fixes s'appliquer à la lecture des choses de Dieu. " 

"Les Frères sortant dès le matin travailleront à ce qui sera nécessaire depuis la première heure jusque vers la quatrième.
À partir de la quatrième heure jusque vers la sixième, ils vaqueront à la lecture.
Après la sixième heure, s'étant levés de table, ils reposeront sur leur couche dans un silence complet. Si quelqu'un veut lire, qu'il lise pour lui seul, de manière à ne pas incommoder les autres.
None sera un peu avancée au milieu de la huitième, puis ils retourneront au travail assigné jusqu'à Vêpres."

"Qu'on ait soin avant tout de députer un ou deux anciens, qui seront chargés d'aller par le monastère aux heures où les Frères vaquent à la lecture, et de voir s'il ne rencontre point par hasard quelque Frère nonchalant, qui, au lieu de s'appliquer à la lecture, se livrerait à l'oisiveté ou à des entretiens frivoles, et qui, non seulement se nuit à lui-même, mais encore dissipe les autres.
Que si, à Dieu ne plaise ! Un Frère est surpris en pareille faute, on le reprendra une et deux fois. S'il ne s'amende pas, qu'on le soumette à la correction régulière, de manière à intimider les autres."

"Un Frère ne se joindra pas à un autre Frère aux heures indues. "

"Le dimanche, les Frères vaqueront tous à la lecture, hors ceux qui sont employés aux divers offices. "

"Si quelqu'un était si négligent qu'il ne voulût ou ne pût pas lire ou méditer, on lui assignera un ouvrage qu'il puisse faire, afin qu'il ne soit pas oisif."

"Respect du silence pour laisser parler Dieu,
Obéissance au supérieur,
Humilité, pauvreté et charité,
Partage du temps entre 8 prières quotidiennes, le travail manuel (conçu comme une libération spirituelle) et les lectures sacrées. "...


La règle complète de Saint Benoît

Sainte Vierge Scolastique

Les bénédictines s'installent dans l'abbaye Saint-Benoit d'Ardouane fondée en 1860 et suivent la règle de Saint Benoît de Nursie et de sa soeur, Sainte Scolastique qui est la fondatrice de la branche féminine.

Sainte Scolastique méprisa la beauté, les richesses, l'alliance des plus grands princes pour s'allier à Jésus-Christ. Suivre Benoît dans la solitude était son unique aspiration. Elle se consacra à Dieu dès sa plus tendre jeunesse, et elle se rapprocha de son saint frère, quand il se fut établi au Mont-Cassin, afin de profiter de ses leçons et de ses exemples.

Sainte Scolastique, partagea la vocation de son frêre et ouvrit aux femmes la vie religieuse en communauté. Leur commune sagesse fit de ces monastères des foyers de compassion pour les pauvres et de civilisation pour tous.

Benoît voyait sa soeur qu'une fois par an, leur couvent respectif était proche l'un de l'autre. En février 543, le troisième jour de leur dernière rencontre, Benoît, dans sa cellule du monastère, levant les yeux au ciel, vit l'âme de sa soeur s'envoler dans les airs sous la forme d'une colombe.

Benoît voulut faire déposer le corps de sa soeur dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui, afin que leurs corps fussent unis dans la mort comme leurs âmes l'avaient été dans la vie.

Au VIIème siècle, le corps de Sainte Scolastique sera transporté au Mans. Les reliques de la Sainte sont visibles à Juvigny-sur-Loison en Meuse lors de la procession.

Les Lazaristes

Par la suite, les Frères Lazaristes s'installent à Saint-Benoît d'Ardouane.

On appelle Lazaristes les frères et les prêtres de la Congrégation de la Mission fondée en 1625 par saint Vincent de Paul (1581-1660) dans un immeuble à Paris, appelé collège des Bons-Enfants.

Vouée à l'évangélisation des pauvres des campagnes et dans plusieurs pays du monde, la congrégation prendra le nom de Lazaristes lorsqu'elle s'installera dans l'ancien prieuré Saint-Lazare à Paris, en 1632. Vincent de Paul, qui formera de nombreux prêtres, crée un séminaire de la Mission.




Cliquez pour agrandir l'image

Saint-Benoît d'Ardouane


Depuis plus de 150 ans, les bâtiments de Saint-Benoît d'Ardouane ont hébergé des personnes des plus diverses : des bénédictines, des militaires bléssés de la 1ère guerre mondiale, des Lazaristes, des enfants, des ados, des professeurs et même des adeptes d'une "secte" qui avaient squattés quelques semaines les lieux suite à des apparitions de la Vierge Marie un fameux 15 août...

Il faut beaucoup d'imagination, pour se souvenir d'une époque, aujourd'hui définitivement révolue, où la vie menait bon train. L'ancien collège possédait encore une vigne, des cerisiers, des châtaigniers... le domaine s'étendait sur plusieurs centaines de mètre de l'enceinte, il y a le chemin qui mène à une statue de la Vierge Marie dans une mini-grotte et le cimetière des Soeurs qui se trouve à l'opposé.

Le petit bâtiment sur la droite en face de la vigne, qui à mon époque était la maison du curé, il était habillé en "civil" il nous faisait les cours de catéchisme. Aujourd'hui, ce bâtiment, est de nouveau habité par une famille.

Au début des années 80, il y avait même encore un berger avec ses moutons qui parlait en patois. Aujourd'hui, il n'y a plus d'agriculture.

Il y a aussi des anciens élèves qui n'ont pas que des bons souvenirs à cause de la "sévérité" de personnes qui ont eu la main leste.